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DéveloppementA.Volonté d’Escher.
En recherchant des informations me permettant d’exprimer les pensées de l’auteur sur sa volonté de travailler des images abusant de notre cerveau, je suis tombé sur un de ses discours en Anglais trouvé sur « http://www.etropolis.com/escher/notes1.htm » que j’ai traduit ici :
« Celui qui s’intéresse depuis la petite enfance aux techniques des arts graphiques peut parfaitement bien atteindre la maîtrise complète de son art. L’excellence de son art lui prend tout son temps et absorbe à ce point ses pensées qu’il en arrivera à choisir des sujets qui peuvent explorer des facettes particulières de la technique, car il est vrai que l’acquisition des compétences artistiques ainsi que la connaissance du matériel utilisé, l’apprentissage contrôlé des outils disponibles procurent une immense satisfaction (surtout des deux mains de l’artiste). J’ai pensé plusieurs années dans cet état d’aveuglement. Puis, vint le moment où il m’a semblé que mes œillères disparaissaient. Je découvris que ce n’était pas mon seul but. Je fus saisi par un autre désir dont l’existence m’avait échappé. J’eu des idées qui n’avaient aucun rapport avec l’art graphique et j’eus envie de faire profiter les autres de ces idées qui me fascinaient. Je ne savais pas le faire avec des mots, car ces idées n’avaient rien de littéraire, mais ces images mentales ne pouvaient être traduites que par des images visuelles. Et soudain, la méthode de présentation des images prie moins d’importance qu’avant. Il faut toutefois dire qu’on n’étudie pas les arts graphiques si longtemps sans but. L’art était devenu une seconde nature, il était aussi de première importance que je puisse utiliser des techniques de dessins qui me permettent de communiquer à mon prochain ce pourquoi je travaillais. En comparant la façon dont un dessin naissait pendant une période technique avec celui qui exprimait des pensées ciblées, je réalise combien tout les opposaient. Auparavant, je prenais au hasard dans une pile de dessins celui qui semblait le plus apte à reproduire mes pensées au moyen de la technique que j’employais à l’époque, alors qu’à l’heure actuelle c’est dans les techniques que je maîtrise à peu près que je choisis celle qui s’adapte le mieux à l’expression de l’idée qui s’est emparée de mon esprit. De nos jours, la croissance d'une image graphique peut être divisée en deux phases bien définies. Le processus commence par la recherche d'une forme visuelle qui interprétera aussi clairement que possible son train de pensée. Habituellement, longtemps s'écoule avant que je décide que je ce sois clair dans mon esprit. Bien qu’une image mentale soit quelque chose de complètement différent d'une image visuelle, beaucoup s'en exerce, et il est vrai qu’on peut ne jamais parvenir à capturer pleinement cette perfection qui plane dans l'esprit et que l’on pense, tout à fait à faussement, en tant que quelque chose qui "est vu". Enfin, après une longue série de tentatives, quand je suis presque à l'extrémité de mes ressources - je parviens à mouler mon beau rêve dans le moule visuel défectueux d'un croquis conceptuel détaillé. Après ceci, à mon grand soulagement, là naît la deuxième phase, qui est la fabrication de la copie graphique. Pour laisser l'esprit qui peut prendre son repos tandis que le travail est assuré par les mains. […] Si, à partir de 1938, je me suis concentré sur l’interprétation de mes propres idées, c’est à la suite de mon départ d’Italie, Rome, Belgique et Hollande où je résidais. Je me suis rendu compte que l’apparence extérieure de la nature et de l’architecture était moins frappante que celle que l’on trouve dans la région méridionale d’Italie. Je me trouvais donc obligé de m’écarter de l’illustration très précise de ce qui m’environnait. Ce fut sans aucun doute la cause de l’émergence de mes visions intérieures. […] Les idées de base de ma conception sont souvent les témoins de mon étonnement et de mon émerveillement devant les lois de la nature qui nous environnent. Celui qui s’émerveille découvre que le sentiment est en soi un émerveillement. En confrontant les énigmes qui nous entourent, en considérant et adoptant les observations que j’avais faites, je touchai le domaine le domaine des mathématiques. Bien que je n’aie aucune connaissance dans le domaine des sciences exactes, j’ai souvent le sentiment que j’ai davantage de points communs avec les mathématiciens qu’avec mes amis artistes. En réalisant ce que j’avais écrit au début de l’introduction sur la représentation particulière de mes gravures ; je comprend que cela doit être assez illogique d’en parler autant, ici et aussi à côté de chaque reproduction. En réalité, beaucoup arrivent à une compréhension plus aisée de l’image par les chemins détournés de la littérature que par la méthode directe. J’ai donc écrit ce texte avec l’intention d’expliquer cette nécessité. Je suis tout à fait conscient que je l’ai fait de façon très maladroite, mais je ne pouvais en laisser le soin à personne, car voici encore un autre sujet d’étonnement – quelques objectifs en impersonnel qui le placent de mes sujets – dans la mesure où j’ai pu m’en apercevoir, rares sont les hommes qui réagissent de la même façon à ce qu’ils voient aux alentours. »
On remarque que l’auteur c’est mis à faire des œuvres avec des sens philosophiques après avoir dû fuir de différents pays. Notamment d’Italie dont le Belvédère représente le paysage et une partie de son histoire (que je détaillerai à travers les personnages). Et quoi de plus normal que de faire des dessins complexes avec des illusions lorsque l’on veut représenter toute la complexité de la réalité. Qui, elle-même, s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. On peut donc comprendre les raisons qui l’ont poussé l’artiste à dessiner des images mentales.
B.Les abus de nos sens.
Comme Escher nous le dit plus haut, la fin de sa vie est marquée par les mathématiques, où il a fini parmi les plus connus grâce à ses œuvres. C’est ainsi que je l’ai moi-même découvert. Dans le «science et vie » de fin 2002, les mathématiciens venaient juste de terminer une de ses œuvres qui ne pouvait être achevée sans une avancée en mathématique. C’est le Print Gallery (voir annexe), où il aborde les théories de l’approche de l’infini. Il utilisera pour cela des curvilignes. Il leurs donnera un mouvement de rotation et divisera l’échelle au chaque coins par 256. Il gravera la plupart de ses œuvres en créant des jeux d’optique (voir annexe). Le Belvédère en est un exemple. Bien que le bâtiment a à première vue rien d’extraordinaire, si l’on regarde l’échelle qui permet de monter du 1er étage au second, on se rend compte alors que ce bâtiment a les étages qui sont à la perpendiculaire. Ce qui est physiquement impossible, car les poteaux sont sur les mêmes verticales. Géométriquement, Escher se sert de la perspective bi-focale, les fuyantes du bâtiment vu de biais se coupent bien en deux points de fuite. Cependant, le jeu de l’artiste se situe au niveau de l'axe central. Il profite du fait que toutes les verticales sont parallèles, pour pouvoir les croiser. Tout l'art est de conserver la même localisation des piliers qui pourtant se mélangent entre les plans. Ainsi, les piliers extérieurs gardent la même position et permettent une relative cohérence de l’ensemble, alors que ceux de l’intérieur ce retrouvent chacun relié avec leurs homologues verticaux. En plus de ce tour de passe-passe, notre cerveau contribue à cet effet car il garde une représentation de chacun des éléments de notre entourage. Quand on regarde un de ces objets notre cerveau conjugue se qu’il voit avec ce qu’il connaît, et c’est pourquoi au premier abord nous ne remarquons rien, puis qu’ensuite nous sommes intrigués et toujours curieux de regarder ce magnifique tableau.
C.Interprétation du Belvédère.
a) Définition :
Le Belvédère : c’est un petit pavillon, situé au sommet d'un édifice, d'une maison ou sur une éminence et d'où la vue s'étend au loin. Cela peut être aussi une plateforme ou un lieu offrant un point de vue.
b) Vue d’ensemble :
Cette estampe représente un petit pavillon et une terrasse donnant sur une vue imprenable, ce qui explique le titre du dessin « le belvédère ». Cette vue donne sur une vallée où l’on voit une rivière entourée de forêts, puis de champs travaillés. Cette petite vallée est engoncée de colline, grandissant de plus en plus en montagne au fur et à mesure que nous regardons au loin. Ce qui a pour effet de voir plus loin que l’horizon nous le permettrait. Cela donne un effet de profondeur au tableau, tout en créant un belvédère digne de ce nom. Un bâtiment original, intéressant à regarder tout comme son véritable but, c’est à dire lieu offrant un point de vue. La terrasse du bâtiment qui est au premier, ressemble beaucoup à un damier. On peut s’apercevoir que cette forme revient souvent. On est en droit de se demander si ça ne serait pas un peu sa source d’inspiration, et symbolise pour moi son éternel combat du mouvement éternel aux formes arrondi et les formes carrés classique. (Voir annexe MetamorphoseII et Liberation)
c) Personnage :
Dans ce décor mirifique, le personnage qui surprend le plus, est sûrement le prisonnier. Ce contraste fort, étonne et détonne. On peut supposer que son châtiment est de regarder ce paysage en ne pouvant « le toucher ». Alors les montagnes auraient pour connotation la liberté et le prisonnier serait contraint de la voir en sachant qu’il ne pourra jamais l’atteindre. Alors que ceci est reconnu comme la pire des peines, il doit en plus endurer le froid, le vent et la gaîté et le rire des visiteurs. Ce paysage étant vraisemblablement alpin, quand on sait que MC Escher est proche de l’Italie, qu’il a subie le fascisme et la montée de la violence en Europe ; je pense que l’artiste veut faire passer un message à son public qui en 1958 est lui aussi encore sous le choc. Peut-être que le prisonnier est un des dictateurs de cette époque (Mussolini, Hitler ou même Franco) ou l’un de ses proches. Le prisonnier est proche d’un enfant. Ce dernier assis sur un banc contre le bâtiment, joue avec un cube. En regardant plus attentivement, on peut remarquer que cet objet n’est pas réellement un cube. MC Escher joue encore avec notre esprit. Devant l’enfant, sur un plan l’artiste nous explique comment il nous a eu. En fait, le premier coin vers nous et en bas, n’est pas relié avec celui du haut, mais est relié en diagonale avec l’angle opposé. Et « parallèlement », avec celui du fond en bas qui est avec l’angle proche de nous et en haut.
Le personnage central est, pour moi l’homme au premier étage, qui regarde au loin. Celui-ci me fait penser à un roi, a cause de sa posture, de ses vêtements, de sa barbe, de son regard ferme et déterminé, et de sa main qui lui donne une gestuelle de quelqu'un sûr de lui. De plus, il est justement au centre du dessin. Dans ce cas là, si l’on fait une connexion avec la réalité, ce roi est peut être le dictateur expliqué plus tôt et non le prisonnier qui donc dans ce cas représenterai le peuple. Mais le plus réaliste serait que cette image représente la victoire du coup d’état du roi sur Mussolini (entre 1943 et 1946 car après le roi d’Italie est déchu). Le fait que cet homme soit le roi, il donne une certaine cohérence aux autres personnages.
La reine est au deuxième étage, elle est richement habillée avec une belle robe, un collier de perle et un « chapeau » de même tissu que la robe surmonté d’un rubis. Celle-ci est du même coté que le roi mais son regard est tournée vers nous par le jeu d’optique qu’Escher a mis en place. En fait, c’est la princesse Marie-José qui est fermement opposée au fascisme et au nazisme. Elle à été exiler dans les montagnes du Piémont car la famille royale est pour le fascisme. Donc son regard exprime des pensées opposées à son mari, mais le fait qu’elle soit accoudée sur la balustrade théoriquement parallèle montre aussi une certaine solidarité. Le fait que la reine Marie José d'Italie est du fuir comme Escher en Suisse, qu’elle soit elle aussi une artiste, qu’elle vienne des Pays du nord comme notre graveur, me font penser qu’il ont dues ce rencontrer. Ou du moins qu’Escher c’est identifié à elle. Mais ce fut certainement toutes ces raisons qui ont poussées l’artiste à créer cette œuvre.
Les deux personnes à la base du Belvédère sont des courtisans du roi. Ceux-ci sont bien habillés, mais moins que le roi et la reine. Ils suivent en fait le roi et sa troupe. On peut affirmé avec certitude que la courtisane porte un bonnet d’âne. Ceci serait un clin d’œil de MC Escher pour se moquer des courtisans. Car à cette époque le gouvernement soutenu par le roi est toujours fasciste.
Entre le deuxième et le troisième niveau, on peut voir, sur une échelle, deux personnages. Celui qui est le plus bas est lui aussi bien habillé, bien sur moins que le roi mais plus que les autres courtisans. Il porte en plus par rapport au autres une cape et est proche du roi. Il a un nez et des oreilles pointus, avec un sourire malfaisant. On peut penser que c’est le comte Badoglio qui était le chef du gouvernement soutenu par le roi. La seconde personne sur l’échelle à un sourire niai avec les dents en avant. Il porte des chaussures et des habits qui font penser au fou du roi. Il a l’air de ce moquer de son prédécesseur et à une posture désinvolte. Son rôle est d’affirmer la présence du roi.
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